Répondre à : Les chemins de l’amitié [finie]

LADY OSCAR / LA ROSE DE VERSAILLES Les fanfictions Les chemins de l’amitié [finie] Répondre à : Les chemins de l’amitié [finie]

#969
Lénie
Modérateur/modératrice
@lenie

Ce chapitre répond au ‘’défi =X’’ qu’a lancé Majdoline sur le forum lady-oscar.xooit.fr. En voici l’intitulé : «Il fait chaud, beaucoup trop chaud, André ne supporte plus cette canicule. Mais le pire dans tout ça sont ses ennemis jurés : LES MOUSTIQUES ! Cela se passe dans leur enfance ».

Si vous constatez un léger délire dans ce chapitre, ce n’est pas totalement fortuit ^^) C’est le but du défi…

 

Chapitre 13

 

Un autre souvenir vint frapper à la porte de la mémoire des deux amis : la drôle de guerre qu’André avait menée lors de son second été à Jarjayes…

Le jeune garçon contemplait d’un œil torve le soleil qui, à peine levé, commençait à étendre sa lourde chape de chaleur sur Versailles et ses alentours. Dieu qu’il détestait cette sensation d’étouffement constant, cette moiteur permanente auxquels la tenue qu’il portait le condamnait ! L’année précédente, la chaleur avait été présente mais était demeurée supportable, car il ne s’agissait pas d’une véritable canicule !

Il ne rêvait plus que de pouvoir aller et venir torse, mollets et pieds nus comme il le faisait avant de venir vivre à Jarjayes. Ce n’était pas faute d’avoir fait quelques tentatives qui lui avait valu quelques coups de louche de Grand-Mère et des commentaires outrés d’Oscar : un homme digne de ce nom se doit de supporter de tels désagrément sans se plaindre et sans tenter de déchoir en allant vêtu ou plutôt dévêtu comme n’importe quel va-nu-pieds ! La fillette avait expliqué d’un ton péremptoire que le rang de noble contraignait à une certaine contenance qui impliquait des contraintes, oubliant dans sa verve que son ami n’appartenait pas à la noblesse…

Le souvenir de l’oubli de la petite fille qui , spontanément les avait placés sur le même plan,  lui permettait de supporter le carcan de chaleur auquel le condamnait ce maudit mois d’août qui semblait s’étirer en longueur de façon encore plus poisseuse que les rubans de guimauve qu’il achetait parfois au marché lorsqu’il y accompagnait Grand-Mère.

 

La chaleur était encore un moindre mal comparé aux ennemis qui l’attaquaient sans merci chaque nuit : les moustiques. Ils semblaient s’être passé le mot pour entrer par bataillon de sa chambre, allant et venant, tourbillonnant, bourdant à ses oreilles, piquant la moindre parcelle de peau non couverte.

Il avait, dans un premier temps, tenté de les chasser : plus il leur donnait l’assaut, plus ils semblaient arriver en renfort… Dans un second temps, il avait essayé le repli en se couvrant entièrement avec un drap. Cependant, l’écrasante chaleur l’obligeait très vite à baisser pavillon ou plus exactement le tissu avec lequel il se protégeait. Et, rapidement,  les moustiques n’avaient de cesse de le  mordre avidement, chaque piqure faisant hâtivement place à une cloque, de sorte que le lendemain, il ressemblait à une boursouflure géante, ce qui ne manquait pas de faire rire Oscar aux éclats.

Curieusement [bah oui, là, on se demande vraiment pourquoi lol], alors qu’il était toujours enclin à partager les sujets d’hilarité de son amie, cette fois-ci, son rire le rendait bougon, ce qui ne faisait qu’accroître les taquineries de la fillette.

 

Au bout de quelques jours, bien qu’épargnée par les moustiques, elle finit par partager la mauvaise humeur de son ami. Il souffrait et elle ne pouvait le supporter. Ils avaient alors tenté un autre remède : placer une quantité importante de vinaigre dans la chambre d’André.  La nuit venue, ils s’étaient alors subrepticement glissés en cuisine pour subtiliser tout le vinaigre dont Grand-Mère disposait. André n’avait récolté de cette tentative qu’un cuisant échec (curieusement, les moustiques semblaient encore davantage attirés par le liquide… ) agrémenté de quelques coups de louches ancestraux pour le récompenser d’avoir dévaliser la cuisine.

 

Les deux enfants avaient alors eu l’idée de frotter le corps d’André avec de la citronnelle, car ils avaient entendu dire que la plante faisait fuir les moustiques. Le jeune garçon s’était enquis auprès de différents serviteurs de l’apparence de la citronnelle. Alors qu’il s’apprêtait à partir en cueillir, Grand-Mère le retint pour l’aider en cuisine, car les Jarjayes recevaient un ancien camarade de l’Ecole d’Officier du Général. Oscar avait donc été obligée de ramasser seule les plans de citronnelle qu’elle ne connaissait que de façon très approximative.

Sa première impression avait été de penser que la plante en question piquait si fort qu’elle avait la sensation d’une brûlure. Puis, elle s’était dit que c’était sans doute ce contact désagréable qui faisait fuir les moustiques. Elle avait donc contenu et tu sa douleur pour courageusement ramener ce qu’elle voyait comme LE sésame vers la paix pour son ami.

A peine rentra-t-elle au château, qu’elle se rendit dans la chambre d’André. Ils frottèrent tous deux l’ensemble du corps du jeune garçon : ce dernier se chargea des endroits qu’il pouvait atteindre alors que la fillette s’occupa des autres parties de son corps. Comme son amie, il fut surpris par la douleur qui l’envahit au contact des plantes. Cependant, il se rangea à son interprétation : c’était probablement cette pénible sensation qui faisait détaler les importuns. Par conséquent, il souffrit en silence, ne voulant pas perdre contenance devant son amie.

Très vite, ils eurent une désagréable surprise : voir apparaître sur tout le corps d’André une myriade de boutons qui ornait également les mains d’Oscar. Ils durent se résoudre à en avertir Grand-Mère qui ne manqua pas d’en avertir le Général qui ne manqua pas d’envoyer quérir le docteur Lassonne, les deux enfants ayant volontairement omis d’expliquer qu’ils avaient frotté le corps d’André avec  la ‘’citronnelle’’ qu’Oscar était allée ramasser. Ils avaient, en effet, honte d’avouer qu’ils étaient mis en déroute par de si petits animaux que les moustiques.

Le docteur Lassonne arriva prestement et examina les deux enfants, hochant la tête en signe de perplexité, avant de déclarer que les cloques qu’il constatait n’entraient dans aucun des symptômes des maladies connues. Mu par un enthousiasme purement médical qu’il fut le seul à éprouver, il proposa de transporter les enfants à Port Royal pour en faire des objets d’étude.

«Oscar n’est pas un OBJET !!!!! C’est mon héritier !!!!! » vociféra le Général.

«André non plus !!!!!» hurla Grand-Mère.

C’est louche à la main qu’elle poursuivit l’imprudent médecin à travers  la pièce en le menaçant : «Ouh !!!! Mais il va les guérir MES PETITS, ce médecin pour les chevaux de bois !!!! Sinon, je vais étudier son crâne une fois qu’il aura fait connaissance avec ma louche la plus vaillante !!!!! Non mais !!!! Transformer mes trésors en objets d’étude !!!! Je vais lui en donner des objets d’étude moi !!!!! Alors, il va se décider à nous dire ce qu’ils ont ces chers anges ?!!!!!!! »

Devant tout ce charivari, Oscar jugea bon d’intervenir. Elle tenta donc de prendre la parole : «Je vous prie de m’excuser de vous interrompre. Cependant, il me semble important d’insister sur le fait que…. »

«Ma petite Oscar, ne cherche pas à te sacrifier courageusement !!! Je te garantis que ce médecin pour les chevaux de bois va vous guérir, j’en réponds sur la vaillance de ma louche !!!!! » tonna Grand-Mère alors que le malheur médecin s’efforçait d’esquiver les coups, sans songer à remarquer que le genou dont se plaignait souvent la vieille femme semblait en parfait état de marche quand il s’agissait de lui courir après dans le but de l’assommer…

La fillette grimpa sur le lit, s’y tenant debout fièrement, comme sur une estrade. Elle reprit d’un ton plus coupant : «Il me semble important de mentionner le fait qu’André est dévoré par les moustiques… »

La nouvelle sembla si incongrue que Grand-Mère en oublia de poursuivre Lassonne qui en profita pour souffler, non sans ajouter pour rétablir une part de son autorité scientifique passablement écornée par l’attaque à la louche en règle qu’il venait d’essuyer : «Ils sont particulièrement virulents cet été en effet. Cela provient des étendues d’eau importantes dans la région. Qui plus est, la chaleur les rend plus agressifs et… »

«Diantre ! Le château de Versailles est entouré de nombreuses pièces d’eau. Quelle catastrophe pour la monarchie  si leurs Majestés venaient à être piqués par ces dangereuses créatures !!!! » coupa le Général

«La belle affaire ! Oubliez la monarchie quelques instants pour songer à MES PETITS qui ont été la cible de ces insectes !!!! A moins que ma louche ne vous tente, sauf votre respect … » intervint Grand-Mère, intervention qui fit l’effet d’un soufflet donné au Général, de sorte que tous attendaient sa réaction. Profitant de cette nouvelle accalmie, Oscar parvient enfin à terminer sa phrase : «Nous avons donc frotté son corps avec de la citronnelle».

Tous les yeux se braquèrent sur la petite fille qui renchérit : «Oui, avec de la citronnelle. Nous avons entendu dire que cette plante éloignait les moustiques».

«On pourrait formuler l’hypothèse qu’André soit allergique à la citronnelle, ce qui expliquerait les cloques qui le recouvre. Mais dans la mesure où il n’est pas le seul à être affligé de ces curieuses pustules que …. » commença le malheureux médecin qui ne semblait pouvoir avoir le dernier mot.

«Ma petite Oscar, pourrais-tu aller chercher ces plantes ?»le coupa Grand-Mère.

La fillette s’exécuta et tendit les plans de ‘’citronnelle’’ à l’aïeule qui s’écria : «Mais ce n’est pas de la citronnelle !!!! Ce sont des ORTIES !!!! Les cloques s’expliquent. André en a sur tout  le corps et Oscar sur les mains. C’est tout à fait logique. Ouh !!!! Médecin pour les chevaux de bois paralytiques !!!!! Même pas capable de reconnaître des cloques provoquées par des orties !!!! J’ai la louche qui me démange !!!».

Sans attendre le développement de la démangeaison de louche dont souffrait Grand-Mère, le docteur Lassonne s’éclipsa en promettant de préparer un onguent que son jeune assistant apporterait au plus vite, ce qu’il fit….

A suivre….