Répondre à : Les chemins de l’amitié [finie]

LADY OSCAR / LA ROSE DE VERSAILLES Les fanfictions Les chemins de l’amitié [finie] Répondre à : Les chemins de l’amitié [finie]

#967
Lénie
Modérateur/modératrice
@lenie

Chapitre 11

 

Ayant  rejoint André derrière le bosquet, Oscar demanda à son compagnon : «Après avoir fait un vœu avec le dahu, doit-on faire quelque chose de particulier ?». Il lui avait répondu par un étrange sourire, puis l’avait attrapée par la main et l’avait entraînée en courant dans le champ où se trouvait les tas* de foin.  D’un ton très solennel, il lui avait fait promettre le secret le plus absolu sur ce qu’il s’apprêtait à lui révéler. Pénétrée de la gravité du moment et curieuse de connaître la suite, elle avait promis avec le plus grand sérieux. André lui avait alors demandé de lui tendre ses deux mains et de se laisser faire.

«Me laisser faire sans savoir ce que tu as en tête ?! Hors de question !» avait-elle répondu dans un haut-le-corps qui avait beaucoup amusé André. Ce dernier avait alors expliqué à son amie : «Je ne peux pas tout te révéler parce que tu fais encore partie des non-initiés. C’est un rituel secret pour que ton vœu soit exaucé. Cependant, si je t’explique avant ce que je vais faire, il ne se réalisera pas

-Ah… Je comprends».

Elle lui avait tendu ses deux mains. Il les avait saisies, puis les avait croisées, avant de s’écrier : «Maintenant, fais comme moi ! Et surtout ne lâche pas mes mains !». Il l’avait alors entraînée dans un tourbillon qui très vite les avait beaucoup amusés, à tel point qu’aucun des deux ne voulait arrêter de tourner l’un avec l’autre. Soudain, André lâcha une des mains d’Oscar. Déstabilisés, ils furent chacun projetés dans l’un des tas de foin qui les entouraient. Etourdis, ils s’y laissèrent aller un moment jusqu’à ce qu’André se rappelle d’un autre jeu qui l’avait toujours beaucoup amusé. Il grimpa sur le haut du tas et lança à Oscar : «Allez, monte-toi aussi !

– Tu ne vas tout de même pas me dire que ça fait partie du rituel. Non, je ne monterai pas sur du foin ! Je serai ridicule ! Et, je me dois de…

– Oh, mais si tu continues, je vais te donner le même surnom qu’à ton père à mon arrivée : ‘’devoir et discipline’’ !

– Comment t’es-tu permis de rire de Père ?

– Allons, Oscar, ce n’est pas méchant… Et puis, je ne l’appelle plus comme ça maintenant.

– Pourquoi ?

– Heu… parce que…. Parce que j’ai pensé que ça ne te plairait pas.

– Quelle perspicacité mon cher André !

-Allez, fais comme moi ! A moins que tu n’aies peur du vide ! C’est ça ! Tu as peur ! Et donc tu te cherches des faux-fuyants ! Tu as raison, fuir est beaucoup plus digne !

– Fuir !!!!! Je vais te montrer si je fuis ! » s’était-elle écriée avant de grimper sur le haut du tas de foin plus vite que si cet acte avait été sa seule chance de survie.

L’œil amusé par la réaction d’Oscar dont il était absolument certain, André s’assit et se laissa glisser vers le bas, invitant son amie à l’imiter. Elle le fit, et elle ne put retenir un sourire.

«On recommence André ?

– Et comment ! »

Puis, Oscar eut l’idée de se mesurer à André en déterminant le plus rapide à grimper et à glisser. Il fut décidé que l’épreuve celui qui serait le plus rapide sur dix montées et descentes serait déclaré vainqueur. Pendant plus de deux heures, ils obtinrent une parfaite égalité. Un peu las de l’exercice, André décida de taquiner son amie en lui lançant une poignée de foin. Elle répliqua et bientôt les tas ne furent plus que de la paille éparpillée à terre. Constatant leurs méfaits, ils se regardèrent, et s’écrièrent avec un sourire malicieux : «Encore les renards ! Ils sont infatigables !».

Ils quittèrent alors le champ pour aller jouer à cache-cache dans un coin plus arboré. Pendant ce temps, un paysan s’était rendu au château pour se plaindre des nouveaux forfaits des renards.  Grand-Mère n’eut aucun doute sur l’identité des ‘’renards’’ en question, mais n’en laissa rien paraître lorsqu’elle rétorqua : « Quels diables de renards ! Sois sans crainte Mathieu, le maître en sera informé au plus vite !».

Lorsqu’Oscar et André rentrèrent de leur escapade, elle les attira rapidement dans le cellier en disant : «Venez par ici mes deux petits renards, il y a trop de monde en cuisine et vous êtes couverts de paille. Je vais essayer de vous en enlever le plus possible avant de vous faire prendre un bain. Oh, ma petite Oscar, ce n’est pas possible, une multitude d’épiets sont venus se ficher dans tes boucles ! Il va falloir les retirer un à un. Ce soir, tu soupes à nouveau seule avec ton père

– Morbleu ! C’est vrai ! Je t’en prie Grand-Mère, enlève-moi tout ça pour que je sois présentable… Si Père comprenait qui sont les renards, je n’ose imaginer les conséquences… Crois-tu qu’il renverrait André ?

– Je l’ignore, Oscar. Je ne suis pas ton père.  Mais je ne voudrais pas que vous soyiez séparés. Je vais donc vous aider encore une fois. Mais promettez-moi d’être plus prudents et surtout que plus personne ne viendra se plaindre des méfaits des renards».

Ils avaient promis. Grand-Mère leur avait alors demandé de se rendre discrètement aux écuries et de s’y cacher jusqu’à ce qu’elle entre et ferme la porte de l’intérieur. Elle avait trouvé un prétexte ignoré des deux enfants pour y faire porter deux baquets d’eau chaude et leur avait apporté des vêtements propres qu’elle avait dissimulés dans un panier.

«Aïe ! Grand-Mère, tu me fais mal !

– Cesse tes jérémiades, Oscar : on pourrait t’entendre. Ces maudits épiets se sont entortillés dans tes boucles. Je ne peux pas éviter de te tirer les cheveux.

-C’est dans des moments pareils que l’on peut mesurer ton incommensurable courage, ma chère Oscar » l’avait raillée André. Elle avait répliqué en lui jetant de l’eau au visage… dont Grand-Mère reçut une partie…

«Vous êtes incorrigibles tous les deux ! Pas moyen de vous faire tenir en place ! Il me semblait avoir entendu une promesse tout à l’heure …. Et un juron que j’ai fait mine d’ignorer, n’est-il pas vrai Oscar ?

– …. Oui, Grand-Mère. Je te prie de m’excuser. Je tiendrais parole.

– Bien ! André, n’aurais-tu rien à ajouter ?

– Heu… Comme Oscar, je te présente mes excuses. C’est parce que je l’ai taquinée qu’elle a réagi ainsi.

– Parfait ! Maintenant, plus aucun de vous ne bouge jusqu’à ce que j’ai terminé de réparer vos dégâts !

– Oui Grand-Mère » avaient-ils répondu d’une même voix, tel un véritable chœur d’angelots

 

Oscar fut tout à fait présentable pour le souper qui se déroula comme le précédent, jusqu’à ce que son père lui demande : «Qu’avez-vous fait de votre journée, Oscar ?

– Et bien, j’ai retravaillé ma version et j’ai chassé le dahu en compagnie d’André… C’était…

– LE DAHU ?!!!!!

– Oui, Père. C’est un étrange animal qui…

– Epargnez-moi vos explications ! Je sais parfaitement de quoi il s’agit ! Lorsque nous aurons fini de souper, vous demanderez à André de se rendre dans mon bureau. Je dois lui parler. A présent, terminez en silence et allez vous coucher.

– Bien, Père»

 

Le souper achevé, Oscar avait fait part à André de la convocation de son père, non sans ajouter : «Généralement, ça n’augure rien de bon… je n’aurais sans doute pas dû parler du dahu

– Tu lui as parlé de la chasse au dahu, c’est bien cela ?

– Oui…. Je voulais parler de l’étrangeté de l’animal…. Tu sais pour comparer avec ceux qu’a utilisés Hannibal pour traverser les Alpes. Je comptais expliquer pour quelle raison des dahus auraient été encore plus efficaces que des éléphants.

– Oh non….

– J’aurais dû me taire ? Je n’ai pas parlé de voeu ou de rituels, comme promis, tu sais…».

Grand-Mère était alors intervenue en demandant à la petite fille de se rendre dans ses appartements, l’assurant qu’elle trouverait une solution et qu’ils ne seraient pas séparés.

Une fois seuls, la vieille femme avait dit à André : «Tu lui as faire croire à l’existence du dahu. C’est malin ! Le Général ne va pas apprécier que tu racontes de pareilles fariboles à Oscar, crois-moi ! Pour cela, il pourrait fort bien décider de t’éloigner d’Oscar en t’envoyant à l’orphelinat.

– C’était une idée stupide, c’est vrai… mais je voulais faire connaître le merveilleux à Oscar. Elle est si sérieuse, si pragmatique que…

– Je comprends. Tu as sans doute raison mais le Général ne voudra rien entendre à cet argument… Laisse –moi réfléchir….. Oui…. C’est cela…. Tu vas lui dire que …. »

 

A suivre …

 

 

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* Je parle bien de tas de foins, pas de meules, sinon pour la suite, ça va être compliqué :)