Répondre à : Les chemins de l’amitié [finie]

LADY OSCAR / LA ROSE DE VERSAILLES Les fanfictions Les chemins de l’amitié [finie] Répondre à : Les chemins de l’amitié [finie]

#966
Lénie
Modérateur/modératrice
@lenie

Chapitre 10

 

Les chemins de l’amitié conduisirent Oscar et André vers l’épisode de la chasse au dahu.

 

«Oscar ! Oscar ! Viens voir ! Il est passé par là, je viens de l’apercevoir ! Viiiiiite !!!! Suis-moi !

– André, es-tu certain ? Je n’ai rien vu…

– ça, ma chère Oscar, c’est parce que tu n’as pas suffisamment envie de le voir !

– Pas assez envie ! Pfff…. Plus que toi en tout cas ! Je te parie un pot de confiture de Grand-Mère que je l’attrape avant toi !

– Pari tenu, Oscar ! Mais il te faudra aller le voler aux cuisines ! Je ne sais pas si tu y arriveras…

– Mieux que toi en ! La dernière fois, tu n’as récolté que des coups de louche, en fait de confiture. Parce que tu n’as réussi qu’à casser le pot ! Alors je ne peux faire que mieux !

-Allez, maintenant, dépêche-toi, Oscar,  sinon on va perdre sa trace !

– Bah oui, la bonne excuse pour éviter de parler du pot que tu n’as pas réussi à voler…

– Oscar, laisse tomber ce maudit pot et ….

– Ah non, c’est toi qui l’a laissé tomber, pas moi !

– Oscar, le dahu va finir par s’échapper si tu continues à parler confiture. Allez, il est parti vers le nord, suis-moi !!!!» ordonna André.

 

Ils s’élancèrent tous deux, droit devant eux, courant à toutes jambes. Oscar prît la tête et se retourna pour le narguer gentiment :

« Je suis passée devant toi, nananananère !!!!! Et je devais te suivre…. Bon, d’après ce que tu as dit il faut aller tout droit. Allez, arrête de lambiner !».

 

Les enfants coururent longtemps à travers champ pour suivre la trace du dahu qu’André affirmait avoir vu. Sceptique Oscar arrêta soudain sa course pour scruter les environs. Elle ne put constater que l’absence de tout animal, ce qui fit naître quelques doutes en elle.

 

«André, à quoi ressemble-t-il ? Je ne vois rien.

– Je te l’ai déjà dit, sa forme varie selon les régions.

– Ah… Mais comment sais-tu qu’il s’agit bien d’un dahu ?

– Parce que je le sais, c’est tout.

– Tu parles d’un argument !  Tu connais le dahu de la région où tu vivais avant, mais comment peux-tu être certain que ce que tu vois est bien le dahu d’ici ?

– … Heu… En fait, sa forme varie aussi selon les personnes ?

– COMMENT ?! Mais alors comment deux personnes peuvent-elles se mettre d’accord sur le fait d’avoir capturé un véritable dahu ?

– Ah Oscar…. Tu dis ça parce que tu ne l’as jamais vu. Si tu en avais déjà vu un, tu saurais ce que l’on ressent quand on l’aperçoit. Peu importe sa forme, il a un pouvoir qui fait qu’on le reconnaît immédiatement. Je ne sais pas comment t’expliquer … Tu sais, c’est …

– Oui… Mais pourquoi est-ce- que je ne vois rien ? C’est  agaçant à la fin !

– C’est parce que tu te poses trop de questions. Le dahu sent que tu doutes de lui et il ne se nourrit que de la confiance et de la foi des humains.

– HEIN ?! Il ne mange jamais ?

– Non.

– Il boit ?

– Non plus.

– C’est le fait de croire en lui qui fait que tu le maintiens en vie.

– Oh… et, si je n’y crois pas, que se passe-t-il ?

– Tu l’affaiblis et il risque de mourir si d’autres personnes ont déjà douté de lui…

– Ouh, mais c’est grave alors. Promis, je ne doute plus ! J’y crois dur comme fer ! Même plus que toi ! … Oh ! Tu ne l’as pas vu ? Il vient de sauter la barrière ! Viiiiite !!!!! Dépêchons-nous !

– Oui, mais fais moins de bruit, le dahu déteste les cris. Ça l’effraie. Et si tu lui fais peur, tu ne pourras jamais gagner sa confiance».

 

Ils avancèrent à pas feutrés, l’un derrière l’autre, et se tapirent derrière un bosquet au feuillage luxuriant.  De temps à autre, l’un d’eux se risquait à passer la tête avec d’infinies précautions. Puis, adoptant des mines de conspirateurs, ils échangeaient leurs impressions :

«- Alors Oscar, à quoi ressemble-t-il ?

– Ah… heu… bah…  à un dahu ! Tu ne le vois pas ?

– Non, pas d’où je suis. De quelle couleur est-il ?

–  Heu… Blanc, avec des rayures noires et marrons. Il est très grand et ne ressemble à aucun autre animal que je connais. Il a une corne sur l’avant de la tête et…

– Je vais doucement passer juste à côté du toi. Veille à demeurer immobile pour ne pas faire bouger les buissons. Il aurait peur.

– D’accord. Mais s’il est craintif à ce point, comment va-t-on s’en approcher ?

– Attend que je le vois et je te répondrais.

– D’accord, je ne bouge plus, viens je t’ai fait une place» murmura la fillette.

 

André se pencha pour voir le champ dans lequel se trouvait le dahu d’Oscar… Il n’y vit que plusieurs tas de foin, ce qui ne l’empêcha pas de s’exclamer :

«Oh Oscar ! On a de la chance ! On a affaire à un dahu très spécial ! Il réalise le vœu le plus cher de celui qui sait gagner suffisamment sa confiance pour parvenir à le caresser.

– Comment le sais-tu puisque le dahu change sans cesse de forme ?

– Mais non, pas cette espèce de dahu-là. Comme c’est ton premier dahu, je te laisse y aller. C’est une grande chance tu sais. Tout le monde, ne l’a pas dans sa vie.

– Et toi ? Tu n’as pas envie de venir ?

– Si, mais deux personnes lui feront peur. Allez, vas-y.

– D’accord…. Mais comment dois-je faire ?

– Une fois, face à lui, tu sauras… c’est ton cœur qui te guidera… ».

 

La fillette sortit craintivement de sa cachette et s’avança très lentement vers le milieu du champ. Elle fit mine de caresser l’animal imaginaire comme elle caressait son cheval. Elle dit tout doucement à André : «Regarde, il s’est couché.

– Très bien. Caresse-lui le ventre, il adore ça.

– D’accord.

– Et quand tu le sens prêt, n’oublie pas de toucher sa corne en faisant un vœu… Demande ce que tu désires le plus au monde…».

 

La fillette s’exécuta et commença un long monologue censé être un dialogue avec l’animal imaginaire : «Tu as le poil très doux. Tu es beau. Je n’avais jamais vu d’animal comme toi. Tu as l’air gentil. Je… je ne te fais pas peur… je suis contente… Oui, j’ai bien dit ‘’contente’’. Tu es surpris parce que j’ai l’air d’un petit garçon, n’est-ce pas ? En réalité, je suis une petite fille qui s’habille et vit comme un petit garçon. Tu en as vu d’autres ? Oui ! Et quand ils grandissent, comment deviennent-ils ? Parviennent-ils à être à la hauteur des exigences de leur père. Tu sais parfois, j’ai peur de ne pas y arriver… Tu ne répèteras à personne que je t’ai avoué ma peur, n’est-ce pas ? Non ? Tu es adorable».

 

Sur ce dernier compliment, la fillette embrassa le museau de l’animal qui soudain lui semblait bien réel. Elle avait le sentiment qu’il l’écoutait, la comprenait et lui répondait. Elle poursuivit son monologue qui,  cette fois, lui paraissait être un véritable dialogue :

«Tu as toujours vécu dans la région ou en as-tu changé ? Tu as beaucoup voyagé ? Formidable ! Et où es-tu allé ? Aux Amériques ? Comment est-ce ? Dis, dis !!!! Raconte !»

 

Craignant que son amie soit surprise, assise dans un champ en train de parler toute seule, André  chuchota : «Oscar, tu ne peux pas lui poser trop de questions, tu sais. Sinon, il va disparaître avant que tu n’aies pu formuler ton vœu. Il n’est pas autorisé à côtoyer les humains trop longtemps sinon il perdrait son pouvoir magique».

 

La petite fille regarda alors l’animal imaginaire droit dans les yeux et dit : «Pardonne-moi, je ne savais pas que tu n’avais pas le droit de rester trop longtemps en compagnie des humains. Je n’ai pas voulu te faire de mal. Bon, il va falloir que je m’en aille alors… Tu m’autorises un vœu ? Oui ? Tu es merveilleux» s’écria-t-elle en embrassant à nouveau sur le museau l’animal qui n’existait que dans son imagination.

 

«Je vais faire mon vœu. Mon ami m’a dit que je devais toucher ta corne. Alors n’ais pas peur, d’accord. Tu m’y autorises ? Oui ? Merciiiiii !».

 

Elle embrassa à nouveau l’animal et toucha sa corne. Son visage indiquait un fort degré de concentration, proportionnel au désir de voir son vœu se réaliser. Enfin, elle le formula à haute voix : «Je voudrais qu’André et moi soyons amis toute notre vie, que jamais rien ne puisse nous séparer  jusqu’à notre mort !».

Elle lâcha la corne du dahu et demanda : «Tu crois que tu peux le réaliser ? Oui ? Je suis heureuse de t’avoir rencontré ! Je sais, je dois partir. Au revoir ! Je suis certaine que nous nous reverrons !». Elle l’embrassa à nouveau avant de partir retrouver André qui essuyait tant bien que mal les larmes d’émotion que le vœu de son amie avait fait jaillir. Certain qu’elle allait demander à devenir un «véritable garçon», il avait été surpris et pris au dépourvu lorsqu’il avait entendu ce qui lui tenait le plus à cœur.

 

***********

En contemplant la pénombre étoilée, toujours assise sur la rambarde du pigeonnier, Oscar murmura à l’intention de son dahu qu’elle savait imaginaire : «Je renouvelle mon vœu. J’espère qu’il n’est pas trop tard… Fais en sorte qu’André me pardonne. Tu sais, je n’ai vraiment pas pu me libérer, je n’ai pas eu le choix… Il a eu l’air de prendre mon absence avec un tel détachement que je crains que notre amitié à la vie à la mort ne soit qu’une chimère d’enfant supplémentaire…  Pourtant, je suis toujours son amie, et son amitié m’est incroyablement précieuse…  Je voudrais tant qu’il se souvienne de mon vœu… Je t’en prie, rappelle-le-lui. Dis-lui que je suis toujours aussi sincère, même si j’ai grandi … Même si je suis aujourd’hui le colonel de la Garde Royale qui ne peut se soustraire à certaines obligations, quelque part, au fond de moi, je suis toujours l’Oscar qu’il a connue à l’époque où je t’ai rencontré …».

Quant à André, il leva les yeux vers la même toile céleste constellée de points lumineux et pensa : «Oscar, j’espère que la vie, notre différence de statut et de fonction n’a pas rompu ton vœu. Je voudrais tant que rien ne puisse jamais nous séparer… Est-ce trop demander ?».

 

************

Au même moment, ils se souvinrent de ce qui avait suivi leur chasse au dahu…. Le chahut dans les tas de foins ….

 

A Suivre….