Répondre à : Les chemins de l’amitié [finie]

LADY OSCAR / LA ROSE DE VERSAILLES Les fanfictions Les chemins de l’amitié [finie] Répondre à : Les chemins de l’amitié [finie]

#959
Lénie
Modérateur/modératrice
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Chapitre 4

Le regard d’Oscar semblait contempler la nuit qui entourait le pigeonnier. Cependant, il n’était tourné vers l’extérieur qu’en apparence : elle contemplait différents tableaux que le merveilleux peintre du souvenir retraçait pour elle sur la toile de sa mémoire. Les couleurs étaient joyeuses, riantes, chatoyantes de  bonheur innocent.

Combien de bêtises André ne lui avait-il pas apprises ? Elle avait tant apprécié ces découvertes, elle qui jusqu’à sa rencontre avec un jeune roturier n’avait été que discipline et devoir. Les yeux d’Oscar sourirent lorsqu’elle songea qu’elle serait bien en peine si on lui demandait de les compter…  Elle ne put s’empêcher de rire en pensant à ce jour où André lui avait appris à descendre les escaliers sans emprunter les marches, c’est-à-dire sur la rampe.

«Mais si je t’assure que l’on peut descendre un escalier sans poser les pieds sur les marches» lui assurait André,  le coin des lèvres retroussé en un sourire malicieux en pensant à ce qu’il allait lui apprendre dans peu de temps.

«Si on se fie aux lois de la physique, c’est scientifiquement impossible» avait rétorqué la fillette, péremptoire, croisant les bras sur sa poitrine et relevant le menton en signe de défi.

«Ah oui, les lois de la physique, bien sûr… Et si on procédait à une expérience qui te prouve le contraire ?

– Pourquoi pas. Après tout, libre à toi de vouloir te ridiculiser !

-C’est ce que nous allons voir ! » s’était-il écrié en montant les marches quatre à quatre.

A peine se trouvait-il en haut des marches, qu’elle lui avait jeté un «Et bien descend à présent, gros malin» emprunt de la supériorité de ce qu’elle prenait pour des certitudes inébranlables.

«Un instant, j’arrive» lui avait-il répondu d’une voix enjouée alors qu’il s’installait en haut de la rampe avant de la dévaler dans un grand éclat de rire qui résonna sous le haut plafond.  Oscar lui avait immédiatement  fait signe d’être plus discret : certes, elle appréciait la chasse aux monstres et la traque des pirates lorsqu’elles n’étaient pas trop fréquentes…

«Tu n’as pas descendu l’escalier, tu t’es contenté de glisser sur la rampe.  C’est de la triche !

– Ah bon ? Mes pieds ont-ils touché les marches ?

– Non.

– Ne suis-je pas au bas de l’escalier ?

– Si.

-Donc il est tout à fait possible et très amusant de descendre un escalier sans que tes pieds touchent les marches, les lois de la physique diront ce qu’elles voudront.

– Et moi je te dis que…

– … que tu vas essayer !

– Non ! C’est un manque de dignité flagrant !

– Ah oui…. La dignité… quel beau paravent pour masquer ta peur ?

– Comment oses-tu insinuer que j’ai peur ?!

-Je n’insinue pas, j’affirme ! J’en suis certain ! C’est officiel, Oscar de  Jarjayes a peur !»

 

Il n’en fallut pas davantage pour que la petite fille grimpe l’escalier quatre à quatre, non sans regarder que son père ne le descende pas en même temps. D’un bond, elle sauta sur le haut de la rampe, puis, sans réfléchir davantage, elle s’élança. Pendant, sa glissade, elle ne put retenir un sourire, elle aimait la vitesse et le  plaisir qu’elle lui procurait. Elle estima que ça finissait trop vite. Et décida de recommencer. Comme toutes les fois où André lui apprenait un nouveau jeu, elle ne voulait plus s’arrêter. Elle eut même l’idée de descendre en tournant le dos au bas de l’escalier. Elle ne vit donc pas Grand-Mère passant avec un plateau où trônaient un pot de café et une tasse qu’elle devait monter au général. Elle ne parvint pas à arrêter sa course lorsqu’elle entendit André lui crier : « Oscar, non ! ». Inéluctablement, elle atterrit sur le plateau de Grand-Mère qui chut à terre, sous le poids de son nouvel occupant… La vieille femme ne put retenir un cri, et nulle oreille n’échappa au fracas que la chute produisit.

André ne put contenir son rire devant le spectacle d’une Oscar couverte de café. Grand-Mère s’enquit immédiatement de la santé de la fillette : s’était-elle brûlée ? Coupée ? Avait-elle mal quelque part ? Quant à Oscar, elle avait eut la présence d’esprit de se relever immédiatement. C’est donc debout que le général la trouva lorsqu’il sortit, furieux d’avoir été dérangé par pareil bruit, pour en connaître la provenance et la cause.

Le spectacle d’une Oscar dégoulinante de café ne lui fit pas le même effet qu’à André : il n’eut aucune envie de rire et demanda immédiatement des explications à son ‘’fils’’ qui se révélait assez peu inspiré pour répondre de façon satisfaisante.  Ce fut alors Grand-Mère qui expliqua au général qu’elle avait cru voir une souris. Effrayée, elle avait lâché son plateau. Le général avait levé un sourcil peu convaincu et dardé un regard soupçonneux sur Oscar avant d’ajouter : «Certes. Cependant, ceci n’explique pas pourquoi Oscar est couvert de café. Ne t’aurait-il pas bousculé alors qu’il courait Dieu sait où sans regarder devant lui comme à son habitude ?

– En aucun cas général. En voyant le plateau tomber, Oscar s’est précipité.  Craignant qu’il ne tombe sur moi, Oscar a préféré qu’il tombe sur elle. N’est-ce pas un amo… heu… une marque de courage ?

-Parfaitement. Je vous félicite Oscar. Puisque personne ne semble blessé, je retourne à mes affaires. J’attends donc un autre café… A propos, tu diras à Pierre de débusquer ce rongeur qui t’a effrayé. Il pourrait également causer de grandes frayeurs à la comtesse ou aux sœurs d’Oscar. Je ne suis jamais parvenu à comprendre pourquoi les femmes avaient peur d’un si petit animal. Enfin, passons.

– Il en sera fait selon votre désir, Général».

Lorsque le général eut rejoint son cabinet de travail, André, Oscar et Grand-Mère ne purent se retenir de pouffer lorsqu’André dit, taquin : «Décidément, cette souris est incorrigible…. ».

A Suivre…