Répondre à : Les chemins de l’amitié [finie]

LADY OSCAR / LA ROSE DE VERSAILLES Les fanfictions Les chemins de l’amitié [finie] Répondre à : Les chemins de l’amitié [finie]

#958
Lénie
Modérateur/modératrice
@lenie

Chapitre 3

 

Un sourire aussi doux que vague aux lèvres, Oscar reprit les chemins de l’amitié. Ils la conduisirent au premier hiver que les deux enfants avaient passé ensemble, et surtout aux merveilleux jeux dans la neige qu’André lui avait faits découvrir.

 

Sa première bataille de boules de neige ….

 

Alors que ses yeux s’abîmaient dans la contemplation du manteau immaculé qu’avait revêtu la nature, quelque chose de froid l’avait percutée dans le cou. Surprise, elle avait porté la main à l’endroit où elle avait reçu l’étrange projectile qu’elle n’avait pas vu arriver et surtout qui lui était étranger. Sa main et son cou lui indiquaient qu’il s’agissait de quelque chose de mouillé qui rappelait ce que devient la neige lorsqu’on la laisse fondre dans la main.
Alors qu’elle tentait de comprendre, fronçant les sourcils pour mieux se concentrer, elle reçut un second projectile à la poitrine. Cette fois, elle avait vu son expéditeur. Il riait aux éclats, elle le regardait interloqué. Sa perplexité ne faisait que redoubler le rire de son ami si bien qu’elle avait fini par s’emporter : «Pourquoi m’attaques-tu de la sorte ? Que t’ais-je donc fait ? Et avec quoi m’attaques-tu ? Je te somme de t’expliquer !!!».

André lui avait répondu par un gigantesque éclat de rire et une rafale de boules de neige. En le voyant faire, elle avait compris, et l’avait imité, tout d’abord honteuse de son ignorance et de s’être laissée ainsi surprendre, puis amusée. Elle s’était prise au jeu et ne voulait pas lui abandonner si facilement la victoire. Ils s’étaient ainsi battus plus de deux heures lorsqu’André avait déclaré : «D’accord Oscar, tu as gagné. Je suis épuisé». Pour toute réponse, il reçut un nouveau projectile glacé, l’invitant à reprendre ce combat ludique, qui quelques heures auparavant était inconnu de la fillette, et, qui à présent l’amusait tant.

« Oscar soit raisonnable, nous devons rentrer à présent…. »

Une autre boule de neige venait de le heurter !

« Oscar, nous reprendrons demain »

Encore une boule de neige, accompagnée d’un délicieux : «Vas-tu te décider à te battre jusqu’à la fin pour que le combat soit loyal !».

Il s’était contenté d’éclater de rire en tombant à la renverse, effectuant avec ses bras des mouvements de hauts en bas imprimant leur marque sur la neige. La perplexité lui faisant jeter à terre la boule de neige qu’elle tenait à la main, Oscar s’était approchée de son ami, puis avait penché sa tête au-dessus de lui afin de tenter de comprendre son étrange comportement. D’un mouvement de la jambe, il l’avait alors déséquilibrée et elle était tombée à ses côtés.

« Comment as-tu osé ?! C’est déloyal !»

Il avait fait taire la colère naissante de la fillette par un regard malicieux et un sourire qui en disait long sur le plaisir qu’il ressentait à se livrer à cette curieuse activité.

«Je te propose un autre jeu, Oscar. Jouer à faire des ailes d’anges »

 

Elle l’avait regardé totalement éberluée. Cependant, par curiosité, elle l’avait imité, trouvant le contact de la neige dans son dos agréable, et l’activité étrange mais amusante. Puis, en lui tendant la main, il l’avait invitée à se relever, et il lui avait dit : «Regarde, on a dessiné sur la neige ! A quoi cela te fait-il penser ?
– A des chauves-souris gigantesques !
– Oui, mais elles ne sortent que la nuit…
-Tu m’as demandé ce que les formes m’évoquaient. Tu n’as rien dit d’autre… »

Une nouvelle boule de neige était venue l ‘interrompre. Elle avait répliqué. Et, ils avaient joué ainsi jusqu’à ce qu’ils s’aperçoivent qu’il faisait nuit noire. Trempés jusqu’aux os, ils étaient alors rentrés à Jarjayes, frissonnant à moitié de froid, à moitié de peur, aucun des deux ne voulant avouer à l’autre que le noir l’effrayait.
Lorsqu’ils pénétrèrent de la demeure, ils y trouvèrent un comité d’accueil qui était tout sauf accueillant… Grand-Mère, mi-furieuse, mi-inquiète, les avaient immédiatement séchés et changés, non sans omettre de récompenser André, par quelques coups de louche, pour les découvertes dont il venait de faire profiter Oscar. La colère de la vieille femme était vite retombée lorsqu’elle avait aperçu le sourire radieux qui semblait avoir élu domicile sur les lèvres de la fillette. Jamais, elle ne l’avait vue aussi heureuse. Cependant, le sourire de la petite fille fut bien vite délogé par la convocation de son père dans son bureau. Ce genre d’annonce n’augurait jamais rien de bon. C’est alors qu’elle jeta un œil à la pendule et s’aperçut qu’elle était de deux heures en retard pour le souper. Or, elle n’était pas sans ignorer combien son père, en bon militaire, tenait à la ponctualité.

 

A cet instant, les routes du souvenir se perdirent dans le temps et Oscar ne parvint pas à se rappeler avec exactitude l’entrevue avec son père. Elle supposa qu’elle avait probablement gagné le droit de chasser quelques monstres mythologiques ou d’affronter quelques corsaires les jours qui suivirent…

 

Des années plus tard, par cette chaude nuit d’été, elle ne put s’empêcher de sentir à nouveau le premier projectile glacé lui percuter le cou. Et, son cœur sourit…

A Suivre…